Clauses de non-réimportation (ou « anti-boomerang ») dans les contrats de distribution internationaux
Dans la pratique de la contrats de distribution ininternational —surtout dans les relations UE–Amérique latine—, il est fréquent qu'après la fin d'un accord d'exclusivité, le fabricant craigne que son ancien distributeur profite de sa position pour réimporter des produits sur le marché européen ou encourager ventes parallèles qui déstabilisent le réseau officiel.
Certains opérateurs appellent familièrement ces dispositions contractuelles « clauses anti-boomerang », car ils cherchent à empêcher que les produits ne « retournent » sur le marché d’origine, contrairement à la stratégie commerciale du fournisseur.
En termes juridiques, nous parlons de clauses de non-réimportation o restrictions post-contractuelles sur les ventes actives/passives.
Libre concurrence et limites aux restrictions post-contractuelles
El Droit de la concurrence de l'UE partie d'une règle claire : les restrictions territoriales et de clientèle sont en principe vide (article 101 TFEU et le règlement d'exemption par catégorie verticale (RECV).
Il existe toutefois des exceptions qui permettent un certain degré de protection :
- Protection du savoir-faire confidentiel (limité dans le temps).
- Restriction sur les réimportations provenant de territoires à prix réglementés (par exemple pharmaceutiques).
- Interdiction des ventes actives aux territoires où la distribution exclusive est encore en vigueur.
Ce qui n’est pas acceptable, c’est une interdiction. absolu et répandu ventes après la résiliation du contrat, car cela serait considéré comme une restriction disproportionnée de la concurrence.
Drapeaux rouges dans les clauses de non-réimportation
Avant de rédiger une clause anti-boomerang, il est judicieux de revoir ces points critiques :
- Durée excessive: : il est prudent de ne pas dépasser 12 mois, sauf justification objective.
- Interdiction totale de vente:Il faut faire une distinction entre les ventes actives (interdites) et les ventes passives (non interdites).
- Couverture géographique illimitée: devrait être limitée aux territoires où il existe un intérêt légitime du fournisseur.
- Absence de justification objective:La clause doit être liée à la protection du réseau de distribution, et non pas simplement à l’élimination de la concurrence.
Exemples de formulations compatibles avec la compétence
Restriction à la réimportation dans l'UE :
« Suite à la résiliation du présent contrat, le Distributeur s'abstiendra, pendant une période de 12 mois, de commercialiser activement les produits du Fabricant dans l'Union européenne, dans la mesure où cela pourrait porter atteinte au réseau de distribution exclusif maintenu par le Fabricant sur ce territoire. »
Limitation des ventes actives :
« Le Distributeur ne peut pas mener d’activités promotionnelles, marketing ou de prospection commerciale à destination des clients situés dans les territoires où le Fabricant maintient des contrats de distribution exclusive en vigueur. »
Sauvegarde des ventes passives :
« Rien dans cette clause n'empêchera le Distributeur d'exécuter des commandes spontanées non sollicitées de clients situés en dehors de son territoire assigné. »
Foire Aux Questions (FAQ)
Oui, tant qu'ils le sont proportionnée, limitée dans le temps et dans la portée, et liées à un intérêt légitime (par exemple, la protection du savoir-faire ou de l’exclusivité actuelle).
Passif:commande spontanée d'un client étranger, sans promotion du distributeur.
ActifPublicité ciblée, appels commerciaux, marketing en ligne segmenté. Catalogues, campagnes et communications marketing en témoignent.
En général, 6 à 12 mois après la fin du contrat.
Des durées plus longues sont considérées comme excessives, sauf dans les secteurs sensibles (par exemple le luxe, l’industrie pharmaceutique).
Une clause de précision, pas une clause de blocage
Les clauses dites « anti-boomerang » peuvent être un outil utile pour protéger la stratégie de distribution internationale, à condition qu’elles soient limitées à ce qui est strictement nécessaire.
L’équilibre est délicat : Si la restriction est disproportionnée, elle risque d’être nulle pour violation de la libre concurrence..
Bien rédigées, elles offrent néanmoins une sécurité au fabricant sans l’exposer à des risques réglementaires.

RRYP Global, avocats spécialisés en contrats internationaux.

