"Quand l'arbitre joue aussi : l'abus de position dominante de l'UEFA et de la FIFA sous le feu des projecteurs du droit de la concurrence
La résolution récente de la Cour provinciale de Madrid, daté du 29 octobre 2025Cette décision, qui rejette l'appel de LaLiga, de la Fédération royale espagnole de football (RFEF) et de l'UEFA, marque un tournant important dans le domaine du droit de la concurrence appliqué aux sports collectifs.
Selon la décision, l'UEFA, ainsi que la FIFA, ont commis une infraction. abus d'une position dominante, en imposant un système d’autorisation préalable des concurrences alternatives qui viole les articles 101 et 102 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).
Dans cet article, nous abordons ce sujet d'un point de vue à la fois technique et pratique. Les éléments clés de l'affaire, ses implications pour les entités sportives et les opérateurs de marchéainsi que les enseignements à tirer du point de vue du conseiller en droit commercial et en conformité réglementaire.
Contexte factuel et juridique du conflit
L'origine du litige réside dans la plainte déposée par La Société Européenne de Super Ligue SL (ESLC) contre l'UEFA et la FIFA, dans laquelle le caractère restrictif de ses statuts et règlements concernant l'autorisation et le développement de compétitions de clubs alternatives a été invoqué.
La question s'est notamment posée de savoir si les instances dirigeantes du football européen allaient assumer un double rôle : celui de régulateurs du sport et celui d'acteurs commerciaux exerçant un contrôle important sur des segments du marché.
La jugement du tribunal de commerce n° 17 de Madrid, daté du 27 mai 2024Il a déclaré que l'UEFA et la FIFA avaient abusé de leur position dominante en imposant des restrictions « injustifiées et disproportionnées » qui entravaient la libre concurrence.
La Cour provinciale, dans sa décision de 29 Octobre 2025Cette analyse a confirmé et renforcé la thèse d'un abus de pouvoir structurel sur le marché des compétitions de football européennes.
Qu’est-ce que l’abus de position dominante ?
Du point de vue du droit de la concurrence de l'UE :
- Une position dominante Elle est configurée lorsqu'une entreprise (ou un groupe, tel qu'un organisme de réglementation ayant des fonctions de marché) peut agir sans tenir compte de la concurrence d'autrui, ni des pressions de ses clients ou concurrents.
- El abus Cela se produit lorsque l'entreprise impose des conditions ou un comportement qui limitent la concurrence effective, sans justification objective, proportionnée, transparente et non discriminatoire.
- Dans le cadre du TFUE, l'article 102 interdit l'abus de position dominante, tandis que l'article 101 sanctionne les accords qui restreignent la concurrence.
Dans le cas présent, Le tribunal a relevé que l'UEFA (et la FIFA) avaient besoin d'une autorisation pour organiser des compétitions. des clubs extérieurs au système préexistant, ce qui était considéré comme une restriction « par objet » de la compétition.
Éléments clés de la décision applicables au secteur sportif
marché pertinent et position dominante
Le tribunal considère que l'UEFA détient un position dominante sur le « marché pertinent » pour l’organisation et la commercialisation des compétitions internationales de clubs au sein de l’UE.
Cette double fonction – d’une part acteur commercial, d’autre part régulateur sportif – facilite la capacité d’imposer des conditions.
Restriction d'objet
L’instauration d’un système d’autorisation préalable pour les nouveaux concours, sans critères objectifs et transparents, est considérée comme une restriction « par objet » de la concurrence.
Autrement dit, il n'est pas nécessaire de démontrer un effet spécifique de préjudice concurrentiel ; la nature de la restriction suffit.
Manque de transparence, de critères objectifs et de contrôle juridictionnel
Le tribunal souligne l'absence d'une procédure claire, précise et non discriminatoire pour décider de l'autorisation de nouvelles compétitions par l'UEFA/FIFA.
Cela contrevient aux exigences de proportionnalité et permet une exploitation abusive.
Conséquences pour les clubs et les tiers
Cette décision ouvre la voie à des clubs qui s'estiment lésés pour réclamer des dommages et intérêts en raison du comportement de l'autorité sportive dominante.
Implications pratiques pour les organisations sportives et les conseillers
- Pour les organismes de réglementation
- Examiner les lois et règlements pour s'assurer que les mécanismes d'autorisation sont objectif, transparent, non discriminatoire et à condition de.
- Éviter les rôles simultanés de régulateur et d'opérateur commercial contrôlant l'accès des concurrents alternatifs.
- Mettre en place des mécanismes de contrôle juridictionnel efficaces et accessibles aux tiers.
- Pour les clubs, les organisateurs de compétitions et autres parties intéressées
- Analyser rigoureusement la configuration du marché pertinent (produits, géographie, consommateurs).
- Évaluer les signes d'abus de pouvoir : position dominante + comportement restrictif + absence de justification objective.
- Évaluer les demandes potentielles de dommages-intérêts ou les stratégies préventives avant que les tribunaux ne déclarent la contrefaçon définitive.
- N'oubliez pas que ce sport, malgré ses particularités, Elle n'est pas exemptée du régime général de concurrence de l'UE..
- Pour les conseillers en conformité commerciale et réglementaire
- Inclure dans les audits de concurrence les instruments réglementaires internes des organisations sportives : statuts, règlements, contrats d’exclusivité.
- Conseils sur les clauses d'accès au marché, les sanctions, les droits de distribution, les propositions alternatives en matière de concurrence et les structures de gouvernance.
- Veillez à ce que les contrats commerciaux (par exemple, les accords de retransmission ou de parrainage) conclus avec des organisations dominantes n'impliquent pas de restrictions supplémentaires injustifiées.
Une dernière pensée
La sentence de 29 Octobre 2025 N'oubliez pas que le sport, malgré ses caractéristiques uniques, ne peut échapper aux principes du libre marché et de la concurrence loyale.
Lorsqu'un organisme de réglementation cumule le rôle d'arbitre et celui d'acteur du marché, le risque d'abus se multiplie.
Cette déclaration implique un Étape marquante du droit des sociétés et des contrats commerciaux appliqués au sport, en démontrant que la réglementation des concurrences et l'exploitation commerciale de leurs droits doivent rester séparées.
L’obligation d’une conduite réglementaire compatible avec le droit de la concurrence est désormais incontournable pour l’UEFA, la FIFA et toutes les entités qui entendent opérer avec autorité et légitimité sur le marché sportif européen.


